Capsellina bryorum

Capsellina cf bryorum, Spiegelplas. This is a large specimen.

 

 

Capsellina bryorum Penard, 1909

 

Diagnosis: test ovoid, clear, membranous, flexible, with attached brown debris; pseudostome a slit at the base of a deep invagination; plasma fills the test completely; nucleus spherical with several nucleoli; division longitudinal; contractile vacuole; herbivorous.

 

Dimensions: Penard 35-40 µm; my measurement: 89 µm (n=1).

 

Ecology: In Sphagnum and mosses, also freshwater.

 

Remarks: I found this species in a large lake, the Spiegelplas.

 

From Penard, 1909  
 
 
Original description:

Nous avons affaire ici à un très-petit organisme, de 35 à 40 µm en longueur, et qui, bien rarement, atteint à une mesure maximale de 45 µm.
La forme est à peu près ovoïde, une fois et demi environ aussi longue que large, et le corps se montre un peu comprimé sur les côtés, de sorte qu’une coupe transversale donnerait une figure ellip­tique; très-rarement, on rencontre des individus dont la forme se rapprocherait de la sphère.
Le corps est protégé par deux enveloppes, Tune externe, grisâtre ou d’un brun chocolat clair, membraneuse en apparence, et douée d’une certaine souplesse, mais en réalité formée de particules très- petites, chitineuses ou aussi siliceuses, et agglutinées de manière à former un mince revêtement feutré, rendu plus ou moins rugueux à sa surface par la présence de petits fragments siliceux qui s’y sont collés. À la face  antérieure, cette enveloppe granuleuse s’ouvre en une fente allongée, ou plutôt laisse à nu une plage rectangulaire- linéaire, qui encadre la fissure buccale proprement dite dont il va être question.

L'enveloppe interne, transparente, d’un gris perle, est très-fine, souple et déformable; c’est une pellicule, enfin, telle que nous l’avons vue dans le genre Diplochlamys; ici également, cette pellicule se voit dans la règle reployée à la bouche, et alors non plus avec plissements radiaires et invagination centrale, mais sur un seul plan d’enfoncement, qui dessine à la vue un simple trait droit. La pellicule, en un mot, semble former deux lèvres, qui s’invaginent l’une contre l’autre, et sont susceptibles, par leur rapprochement réciproque, d'effectuer une fermeture hermétique; les commissures, ou extrémités de cette fente linéaire, se terminent abruptement, et parfois il m’a semblé les voir aboutir à un petit élargissement circulaire, qui jouerait ici le même rôle que, par exemple, les deux trous qu’on perce aux extrémités de la fente d’une courroie pour empêcher cette fente de se prolonger trop facilement; mais ces derniers détails de structure sont extraordinairement difficiles à distinguer, et je ne les indique que sous toutes réserves; ici il faut faire la part de l’imagination, qui ne peut que trop facilement in dont l’une indique la bordure gauche, l’autre la bordure droite, de la fissure. Très-rarement la membrane, au lieu d:être invaginée, se voit au contraire prolongée en bec.

 

From Penard, 1909

 

A l’intérieur de cette enveloppe hyaline, le plasma renferme une ou plusieurs vésicules contractiles, souvent très-volumineuses, puis, en général, un nombre considérable de petits grains brillants, incolores, sphériques, disposés (près de la surface, et qu’à un faible grossissement on prend volontiers pour des perles en relief sur la membrane. On voit également des granulations jaunes ou vertes, parcelles de nourriture enfermées dans des vacuoles, et toujours très- petites, en corrélation sans doute avec l'étroitesse excessive de la fente buccale. Le plasma renferme encore quelquefois des gouttelettes de nature huileuse, puis, assez fréquemment, une grosse masse d'un gris mat, dont la signification m’échappe; cette masse pâle doit cependant avoir une certaine importance, car lors des phénomènes de division, elle se divise elle-même et passe par moitié dans chacun des nouveaux individus. Ce n'est, pas une chromidie, car le carmin ne la colore nullement; peut-être représenterait-elle un élément nutritif de réserve?

Tout en arrière se trouve le noyau, qui dans cette espèce est d'un volume tout-à-fait extraordinaire, de 16 à 18 à lui seul il remplit un tiers au moins de la capacité de l’enveloppe. Ce noyau, à membrane fine, renferme un nombre restreint de nucléoles, 3 à 6 en général, souvent allongés ou presque vermiformes, irrégulièrement disposés au sein d'un suc nucléaire très-clair et pur, presque limpide. Je n’ai pas pu constater d’une manière certaine la présence de pseudopodes; une seule fois, j'ai cru voir une touffe de filaments très-minces, qui sortaient d’un petit groupe de pierres collées à la bouche; mais à ce moment même un courant produit par quelque rotifère rejeta la Capsellina dans le détritus où elle disparut à ma vue. Quelquefois cependant j’ai trouvé, dans l’essence de girofle, et après les réactifs colorants, des exemplaires chez lesquels on voyait quelques traînées de plasma rosé pénétrer entre des particules collées devant l’ouverture buccale. Les pseudopodes, s’ils existent comme on est en droit de le croire, seront sans doute filiformes, à en juger par l’ouverture presque imperceptible de la fente buccale.

A plusieurs reprises j’ai rencontré des individus en cours de division, mais jamais sur le vivant; ici encore, la division doit commencer par un sillon buccal, qui s’enfonce toujours plus; les fligures 5 et 6 montrent les deux cas les plus typiques que j’aie pu examiner; dans la fig. 5, on voit les deux individus presque complètement séparés, reliés seulement l’un à l’autre par la partie postérieure de l’enveloppe externe, laquelle s’étire et se désagrégé; à la bouche, où la pellicule est déjà légèrement reployée en dedans, on voit chacun des individus pourvu d’une petite pierre, comme, dans cette espèce, les animaux aiment à en amasser; chacun possède aussi la masse pâle dont il vient d’être question. Dans la fig. 6 la division est moins avancée; on y remarque également cette même masse, qui semble appartenir aux deux individus à la fois, et probablement est elle-même en cours de division.